Identifier les causes de la faible présence des Filles et des Femmes dans les filières et les métiers de l’ICT
Le MEGA a soutenu et confié à WIDE ANDCO cette étude (2023-2024) pour disposer d’un état des lieux local. Il s’agissait de dépasser le constat général et de comprendre ce qui se passe concrètement au Luxembourg, afin de pouvoir orienter l’action publique en faveur de l’égalité dans le secteur du numérique.
Le constat de départ
Depuis les années 1980, la présence des filles et des femmes recule dans les filières et les métiers de l’informatique. La communauté scientifique en attribue la cause principale à la persistance des stéréotypes de genre, liés à l’évolution du métier et à la perception qu’on en a. Au Luxembourg, les chiffres de PISA/OCDE 2020 illustrent bien le problème : seules 17 % des filles de 15 ans souhaitent travailler dans le domaine des sciences.
Les objectifs
- Comprendre les raisons de la faible présence des filles et des femmes dans les études et métiers de l’informatique et du numérique au Luxembourg.
- Mettre en lumière les obstacles et les leviers de changement, afin de faire éventuellement émerger des éléments nouveaux.
Les publics ciblés
- Les lycéennes et étudiantes de l’enseignement supérieur (BTS, DT, DAP), tous profils confondus.
- Les femmes dans l’IT : professionnelles en exercice, en reconversion ou en formation.
La démarche
L’étude combine deux approches :
- Qualitative : entretiens de groupe avec environ 120 lycéennes (orientées ou non vers l’IT), 5 entretiens avec des encadrant·es scolaires (enseignant·es, psychologues) et 15 entretiens avec des femmes.
- Quantitative : deux questionnaires, l’un pour les lycéennes (320 répondantes, 114 complets), l’autre pour les femmes (176 répondantes, 115 complets). Ils visaient une première validation des résultats qualitatifs. L’échantillon n’est ni représentatif ni probabiliste : les pourcentages reflètent l’opinion des volontaires.
Ce que l’étude met en évidence
- Des stéréotypes persistants : 66 % des lycéennes perçoivent que les garçons se pensent supérieurs en sport, sciences et informatique. Pourtant, la majorité des filles et des femmes ne doute pas de ses capacités.
- Un manque de modèles féminins : 88 % des femmes estiment que les femmes sont insuffisamment représentées dans les métiers scientifiques, techniques et informatiques.
- Le rôle de l’école : 66 % des lycéennes disent qu’il n’y a pas d’événements liés à l’IT dans leur lycée, et 51 % des femmes non IT n’ont pas été exposées à l’informatique à l’école. Les enseignant·es peuvent encourager comme décourager, et les filles issues de milieux migratoires seraient plus exposées au risque de mauvaise orientation.
- Le rôle de la famille : les parents sont globalement encourageants, mais l’informatique est souvent un « non-sujet » à la maison (54 %). Certains parents orientent autrement, en questionnant la capacité de leur fille.
- Les freins dans la vie professionnelle : 47 % des femmes estiment que la maternité a freiné leur carrière, et 66 % ont subi du sexisme dans les équipes IT. L’étude relève aussi que la discrimination positive n’est pas toujours bien vécue (39 % y voient un impact négatif sur leur confiance), et que l’image des « femmes exceptionnelles » renforce paradoxalement les stéréotypes.
- Le rôle des politiques publiques : manque de structures de garde après l’école, insuffisance du débat sur l’égalité et faible lien entre école et entreprises.
Les recommandations destinées aux pouvoirs publics et aux acteurs
- Introduire l’informatique au plus tôt, dès l’école primaire (76 % des femmes y sont favorables).
- Intégrer des approches pédagogiques contre les biais de genre et valoriser des figures féminines.
- Développer la culture informatique des équipes pédagogiques.
- Engager les entreprises IT à communiquer de manière inclusive (85 % des femmes y sont favorables).
- Renforcer les initiatives communales pendant les vacances scolaires.
- Mettre en place des plans d’égalité et de la flexibilité dans les organisations (68 % souhaitent des contrats flexibles ou partiels).
- Améliorer l’information et l’accès aux métiers IT (87 %) et développer la confiance en soi, la culture de l’essai et la sensibilisation au sexisme.
Pourquoi si peu de filles et de femmes dans l’informatique au Luxembourg ? Découvrez les réponses de notre étude complète, ou parcourez notre brochure condensée pour l’essentiel en quelques minutes.